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UFC : L'art du combat

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La vie d’un combattant UFC ne se résume pas à ce que l’on peut voir le soir d'un affrontement. Cela exige des années de préparation, douze semaines d’entraînement, un régime alimentaire ainsi qu’un conditionnement mental appropriés pour seulement quinze à vingt-cinq minutes sur l’Octogone. Le combattant passe par toutes sortes de routines extrêmes pour se préparer à un affrontement, allant du bain dans de l’eau glaciale à l’entraînement sur des poteaux en bois pour endurcir les terminaisons nerveuses.

Nous nous sommes entretenus avec quatre athlètes UFC, Brad Pickett, Forrest Griffin, Ross Pearson et Alexander Gustafsson afin de savoir ce qu’éprouvent les plus grands combattants de la planète.

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Alexander Gustafsson

16-2-0 (victoires/défaites/égalité)
Nationalité : Suédois
Âge : 27 ans
Taille : 1,95 m
Poids : 205 livres (93 kg)

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Entraînement

En général, les combattants UFC passent 12 semaines à se préparer pour une rencontre. Durant cette période, ils ne pensent à absolument rien d’autre.

Le combattant poids léger Ross Pearson explique : « Mon mantra, c’est "s’entraîner dur et combattre détendu", rien de plus. » Toutefois, Pearson admet que cette ligne de conduite a pu le mener à certains excès : « Je n’accepte pas qu’un adversaire au camp d’entraînement en fasse plus que moi », poursuit-il.

« Si je suis en train de me détendre sur le sofa, devant la télé, je pense à mon adversaire qui frappe des sacs, fait du sparring ou de la course. Il prend 8 kilomètres d’avance et il faut que je le rattrape. »

L’excès d’entraînement est un aspect dans lequel se Forrest Griffin, ancien champion poids lourd UFC : « J’abusais de l’entraînement pour me donner confiance, pour me convaincre que je n’aurais rien pu faire de plus [sur le ring]. Parfois, on devient contre-productif. C’est une frontière ténue. »

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Star en photo sur la jaquette d’EA SPORTS UFC et actuel prétendant au titre poids lourd-léger, Alexander Gustafsson confirme l’importance que tient la mise en condition pour aborder l’Octogone. « On s’entraîne tellement qu’on aborde l’Octogone sans pensée, sans émotion. Ce n’est plus qu’une question d’instinct : on a tout traversé et on se contente de suivre une stratégie. »

De nombreux combattants parlent de mouvements répétés tellement de fois qu’au moment de monter sur l’Octogone, ils sont devenus aussi naturels que d’enfourcher un vélo. Ross Pearson évoque également ce qu’il a vécu en camp d’entraînement pour devenir un combattant hors pair, allant jusqu’à rendre ses membres insensibles à la douleur : « Je me frottais les jambes avec des bombes d’aérosol pour tuer les terminaisons nerveuses. On donne des coups de pied dans des poteaux en bois pour ne plus rien sentir dans les tibias », précise-t-il.

Jon Jones

21-1-0 (victoires/défaite/égalité)
Nationalité : Américain
Âge : 26 ans
Taille : 1,93 m
Poids : 93 kg

Les style de combats en MMA

Boxe / Jiu Jitsu brésilien
Sanshou / Lutte Freestyle
Jeet Kune Do / Judo / Karate
Muay Thai / Tae Kwon Do

Comment gagner ?

Knockout / Soumission / Decision

Knockout

Soumission

Decision

quotes bg
Rarely in life do we ever get to live in the moment

Avant le combat

En coulisses avant un grand combat, vous imaginez la pression que ressentent les athlètes avant d’entrer dans l’Octogone. C’est Brad Pickett qui résume le mieux ce moment : « Quand je suis en coulisses, c’est le pire : je me sens un peu comme un condamné à mort. Je ne peux pas rester tranquille, je fais les cent pas, je suis très nerveux. »

Le compte à rebours

[La sensation en entrant sur le ring]

De son côté, Griffin décrit ce sentiment comme de l’agitation plutôt que de la nervosité : « [Avant le combat], je suis surtout impatient. Je veux me battre tout de suite. Je veux entrer dans la cage, je veux combattre, je veux arriver à ce moment de zénitude où je ne suis plus agité. » Il dresse le parallèle avec une vieille expérience de saut en parachute : « À l’université, j’ai fait un saut en parachute, mais en passant par un site discount. Ça peut vous sembler idiot, mais dans l’avion, je regardais par le hublot en me disant : "C’est affreux, pourquoi j’ai fait ça ?"

Alors je suis passé le premier, je voulais juste en finir, et une fois dans les airs, j’étais libre. J’ai adoré ça. Tout le stress s’est envolé... Ça n’a duré qu’une minute, mais c’était une minute magnifique. C’est la même chose dans les vestiaires avant le combat, on se dit : "Pourquoi j’ai choisi un boulot où je me fais castagner devant la foule, j’aurais dû aller à l’école !" Mais une fois qu’on y est, tout devient limpide, on est dans le moment et dans rien d’autre. Dans la vie, on a rarement l’occasion de vivre le moment présent, et c’est ça que j’adore. »

 
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Le combat

Mener une carrière de combattant UFC implique de s’entraîner pendant trois mois pour quinze à vingt-cinq minutes passées sur le ring, parfois moins. Cependant, pour les athlètes dans l’Octogone, ce court instant est d’une clarté difficilement comparable avec ce qu’ils vivent le reste du temps.

« J’adore combattre, parce que le reste du monde disparaît à ce moment-là », explique Forest Griffin. « Quand je suis dans la cage face à quelqu’un qui cherche à me nuire, je me concentre uniquement là-dessus. Je ne pense pas aux factures, aux disputes avec ma copine, au cancer de mon chat. Ça n’a pas d’importance : tout ce qui compte, c’est ce gars qui essaie de te frapper. C’est un moment de pureté. Combattre, c’est le truc qui force à se concentrer. »

Reproduire le combat

[Jenny Freeman - Directeur artistique UFC]

Pearson considère le combat sous un angle différent, plus addictif. « Ça me rend accro. Je suis accro à ce sentiment quand les fans crient mon nom. Je suis accro à l’euphorie de remporter un combat et à l’adrénaline qui afflue dans le cœur. Je suis accro à l’instant où on retourne en coulisses et qu’on se dit : "Voyons voir ce qu’il s’est passé", car quand c’est fini pour de bon, ça s’est passé tellement vite qu’on ne se souvient pas de ce qu’on a fait, des combinaisons ou du déroulement ; on veut juste revoir l’intégrale, et tout le monde est fou d’excitation. C’est le meilleur sentiment du monde, rien ne lui arrive à la cheville. Quand toute cette période sera derrière moi, c’est ce qui me manquera le plus. »

 

Catégories de poids MMA

Poids mouche / Poids coq / Poids plume / Poids léger /
Poids welter / Poids moyen / Poids lourd-léger / Poids lourd

Correspondances respectives :

53-57 kg / 58-61 kg / 62-66 kg / 67-70 kg /
71-77 kg / 77-84 kg / 85-93 kg / 94-120 kg

 
Xray

Blessures

Ce sport de combat a beau paraître brutal, les athlètes avec qui nous nous sommes entretenus répondent à l’unisson qu’ils ne ressentent pas la douleur sur le ring. Brad Pickett précise : « Tout le monde nous pose la question : "Oh, ça doit vraiment faire mal ?" Non. On ne sent rien du tout. On a tellement d’adrénaline qui circule dans tout le corps, la douleur n’est pas un problème. Que ce soit bien clair : le lendemain, on boitille en se demandant : "Ouh, qu’est-ce qui m’arrive ?", on est couverts d’hématomes... » Il poursuit : « Mais pendant le combat, on ne sent rien. En fait, on peut encaisser des coups énormes, on peut finir KO : on ne le sent pas, on tombe juste KO. Le lendemain, vous vous direz : "Oooh, ma pauvre mâchoire", ou : "Oooh truc", "Oooh machin", mais l’adrénaline masque beaucoup de choses. »

L’adrénaline & le corps

- Accélération du rythme cardiaque et respiratoire
- Dilatation des pupilles
- Stimulation du système nerveux sympathique
- Vasoconstriction et vasodilatation
- Contractions musculaires
- Niveau de sucre élevé dans le sang
- Transpiration et chair de poule

De tous les combattants à qui nous avons parlés, c’est Griffin qui a l’histoire la plus folle concernant une blessure. Il est effectivement connu pour avoir subi d’importantes lésions sur le ring sans pour autant renoncer à la victoire.

« Je combattais en Afrique du Sud », se remémore-t-il, « Je me souviens de ce redoutable lutteur sud-africain qui me fait tomber sur l’épaule, et celle-ci qui se déboîte. Je m’interromps, je vois mon épaule pendre [sur mon buste] comme un petit sein qui aurait poussé là, et le type continue de me frapper ! Ma première pensée a été de lever les yeux vers l’adversaire et [de faire signe d’arrêter], parce que je n’avais mené que trois ou quatre combats jusque-là. Mais je me suis levé, j’ai remis mon épaule en place et repris le combat, puis je suis parvenu à le mettre au sol d’un coup de genou à la tête. Tout en le frappant, j’ai mis mon bras valide en travers et je l’ai maintenu en place avec mon bras cassé, puis j’ai mis mon front contre l’arrière de sa tête et j’ai tiré de toutes mes forces, car je ne pouvais plus faire grand-chose avec mon bras droit. » Il a fini par remporter la victoire par soumission. « Après le combat, je me suis immédiatement mis à me tordre de douleur », ajoute-t-il. « En Afrique du Sud, ils ne voulaient me donner aucun médicament, alors j’ai juste eu droit à de l’aspirine. C’est une bonne histoire, mais tous les jours je me réveille avec cet élancement et je me dis : "La vache, c’est une histoire dont je voudrais bien me passer." »

Construire le combattant

[Avec Richard Burgess-Dawson,
directeur conception technique UFC]

Construire le combattant

C’est l’équipe canadienne d’EA SPORTS qui s’est vue confier la tâche de simuler tout ce que les combattants vivent sur le ring. Les développeurs ont ainsi bénéficié d’un accès complet aux meilleurs combattants UFC pour leur prochain jeu sur plateformes de nouvelle génération Xbox One et PlayStation 4.

Le directeur conception technique Richard Burgess-Dawson nous explique : « Pour obtenir un combattant plus vrai que nature, on commence par le numériser. Nous capturons chaque pore, chaque ride, jusqu’à la moindre cicatrice. Nous avons toujours été capables d’enregistrer une grande quantité de ces données, mais encore fallait-il pouvoir les exploiter : c’est maintenant le cas grâce à la puissance de la Xbox One. Vous obtenez ainsi un niveau de réalisme inégalé à ce jour dans un jeu vidéo. Au fil de l’affrontement le combattant a les veines qui gonflent, la peau qui rougit ; on voit la transpiration, le sang, les contusions. Ce sont plein de couches de détails qui se superposent. »